[Chronique] Hugo TSR - Tant qu'on est là (2017)

Le TSR crew est une histoire qui roule discrètement mais surement, loin des majors et du cirque des grands médias. Après une deuxième galette du collectif, "Passage flouté", Hugo TSR s'en échappe pour un nouvel opus solo attendu mais garde la même recette, efficace, en marge des sonorités en vogue.

"Quitte à déplaire, moi je me répète comme un tagueur, ou une grosse baffe". Hugo TSR est comme ça, il envoie des pêches à l'ancienne. Tagueur,  rappeur tendance réaliste et proche du bitume. Qu'il se fasse storyteller du dix-huitième arrondissement, raconteur du quotidien ou chroniqueur du rapgame, le bonhomme reste droit dans ses baskets et loin du tumulte médiatique : "j'évite les grosses, les petites radios, on vise plus haut que la vie de château". L'enjeu est ailleurs.

[Chronique] Vulfpeck - Mr Finish Line (2017)

Novembre : le Vulfpeck nouveau est arrivé et il a un goût de banane. Celle que son écoute impose au visage du fan hardcore. On a écouté. On a adoré. On va essayer d'être objectif.


Commençons par la fin et notons le featuring prestigieux du dernier titre de la galette : Bootsy Collins ! avec un grand B et beaucoup de points d'exclamation. En compagnie du bassiste écarquillé, le Vulf saupoudre du Low-Fi sur le P-Funk - ou l'inverse - et sert un titre hommage où Baby Theo se prend pour Sir Noise, la voix digitale du funk, avant que Bootsy ne commente le chorus de basse de Joe Dart. Enchantement.

[Chronique] Klub Des Loosers - Le Chat et autres histoires (2017)

Back dans les bacs ! Après un album avec Orgasmic, sous le nom Fuzati et une tournée avec un groupe live, le rappeur masqué rempile avec son Klub Des Loosers.


Fuzati a mis à profit son amour des claviers vintages. Avec ses instrus pleines de musiciens (Hadrien Grange à la batterie ; Benjamin Kerber à la basse et à la guitare ; Fuzati aux claviers), il prolonge la partition qu'il avait partagée en studio pour les vingt ans de Tricatel, le label de Bertrand Burgalat, son idole. Son anti-idole. Fuzati n'a pas d'idole. Il s'idolâtre lui-même. - Rappelons au passage que le mc des Loosers n'est qu'un personnage. En vrai, un monsieur qu'on ne connaît pas écrit des chansons qu'il fait interpréter par un avatar masqué au spleen décuplé.

[Chronique] Cory Wong And The Green Screen Band (2017).

Comme un indicatif télé, souriant et décontracté. Applause ! Ce soir, le FunkyFlex night live est fier de vous présenter Cory Wong ! Après un EP en 2016, le jeune guitariste, connu pour frayer avec Vulfpeck, sort son premier album solo.  Difficile pour les groupies "vulfienne" de FunkyFlex de ne pas parler du projet.


A l'image de ses compagnons du VulfCory Wong n'est pas un démonstratif. Point d'esbroufe dans son jeu mais le groove efficace de la note juste, alternant le petit riff qui va bien et la cocotte précise du musicien de session touche-à-tout.

De sa Stratocaster bleue, Cory Wong tire un son sec et funky, comparable à celui de la guitare Princière quand son manche ne portait pas encore le deuil. Difficile d'échapper à la référence quand on apprend à tâter de la six cordes à Minneapolis. Une influence qui plane sur l'ensemble de l'album, tant dans le jeu de guitare que dans certains arrangements. La batterie, par exemple, peut parfois sonner simpliste et manquer de balancement quand son "poum tchack" est écrit de manière trop rectiligne. Assumé sur quelques titres, le choix ne dénature pas le groove et habille en couleurs quelques mélodies sucrées.

Dennis Coffey - Funk Connection (1977)

Sur la pochette, un café froid et un cendrier dégueulant des tiges fumées la veille, signes d'une matinée ardue qui traîne en longueur.

Mickael Franks - Nightmoves (1975)

Durant sa quête merveilleuse de disques fabuleux, le collectionneur de ronds de plastique sillonnés est amené à goûter quelques plaisirs au fil de ses découvertes.

Grace Jones - Use Me (1981)

Tu veux sentir l'odeur du petit matin au début des années 1980, entre Paris et New York ? Entre le Palace et le Studio 54 ? Écoute l'album Nightclubbing de la majestueuse Grâce Jones.

Orleans - Reach (1976)

Souvent, la soupe est bonne quand elle est bien mixée et bien assaisonnée. Même si en musique, on préfère parler d'arrangements plutôt que d'assaisonnements...

Blue Mitchell ‎– Graffiti Blues (1973)

Du blues et des graffitis. 12 mesures et une ligne de basse qui serpente nonchalamment, comme soufflée d'une bombe de peinture... On à le blues et les graffitis en cherchant bien.

The RH Factor - I'll Stay (2003)

C'est amusant comme certains thèmes, certaines grilles d'accords, si élémentaires soient-ils, évoquent un groupe, un musicien, dès les premières notes écoutées. Ici, la reprise du I'll Stay des Funkadelics rappelle indéniablement le groove de son guitariste d'auteur, Eddie Hazel. Bluesy et fatigué, groovy et inspiré.

Mark-Almond - The City (1978)

A la fin des années 1960, deux musiciens de sessions britanniques , Jon Mark et Johnny Almond, se retrouvent aux côtés de John Mayall, peu après que celui-ci termina son expérience avec les Bluebreakers. La rencontre est scellée et les deux musiciens deviendront Mark-Almond.

The Commodores - I Feel Sanctified (1974)

Lionel Richie c'était mieux avant ! Quand encore inconnu au milieu des années 1970, il officiait parmi les Commodores avant de démarrer la carrière solo qu'on connait au début des années 1980.

BADBADNOTGOOD & Jonti - God Only Knows (2016)

On va pas s'mentir, on aime bien les BBNG chez Funkyflex. Et on aime bien les Beach Boys aussi. Du coup, quand les p'tits génies du jazz se décident à reprendre l'un des titres les plus emblématiques des garçons de la plage, on ne boude pas notre plaisir.

The Undisputed Truth - Ungena Za Ulimwengu (Unite The World) FriendshipTrain (1971)

Comme le Daron Vagabond des Temptations ou le Zoom qui ouvrait l'air du Jonc du sourd, ce titre d'Undisputed Truth est à classer parmi les grooves qui montent toujours sans jamais décoller vraiment. D'aucuns parleraient de trucs de peine-à-jouir. On préféra évoquer ici le plaisir éternel. Car sans bouquet final, le feu d'artifice peut donner l'illusion de brûler toujours. Le verre à moitié plein...

D'Angelo - Brown Sugar (1995)

En ce mercredi glacial, le jonc du sourd t'offre un peu de douceur. En 1995, D'Angelo fait une entrée à la fois classieuse et fracassante dans les oreilles des uns et des autres avec l'album Brown Sugar et son tube éponyme.

Rage Against The Machine - Wake Up (1992)

Comme on se forge un fond de collection à grand renfort de galettes à deux euros dans les brocantes, le blog FunkyFlex Records renforce sa base données d'un classique dont il ne pouvait se passer plus longtemps.

Les Sages Poètes de la Rue - Sur le Beat Yo (1998)

Le jonc du jour vient d'un temps que les moins de 20 ans devraient connaître. Celui de la France qui gagne la coupe du Monde de football, des beepers et du francs, celui où le blaze des groupes de rap dépassait trois lettres, du sample sans vergogne.

Leo Sayer - Easy To Love (1977)

Groove imparable et petite voix haut-perchée. Sur une basse convaincue par la batterie de Jeff Porcaro, Leo Sayer, chanteur et songwriter d'origine britannique, raconte comme "il est facile d'aimer quand je t'aime toi", tellement t'es super.

Graham Central Station - Hair (1974)

Le roi du slap s'est assis sur le jonc du lundi comme le monarque dépose son royal séant sur le trône qui lui revient. Avec élégance et conviction. Comme les cordes de la basse frappent  les frets du manche.

ZZ Top - Sharp Dressed Man (1983)

 S'il était encore besoin de prouver l'éclectisme revendiqué fièrement par la rédaction de FunkyFlex, l'écoute de ce power trio velu devrait finir de convaincre les sceptiques.

Time Bomb - Time Bomb explose ! (1996)

L'aventure Time Bomb a été aussi éphémère que révolutionnaire. Composé, entre autres, des X-men (Ill G, Cassidy), Lunatic (Booba, Ali), Oxmo Puccino, Hi Fi, Pit Baccardi, avec DJ Mars aux baguettes, le collectif (et label) a forcé le nécessaire renouvellement des générations rapologiques au milieu des années 1990.

Johnny Hammond - Los Conquistadores chocolatés (1975)

Le milieu des seventies, ce moment où tous et toutes se mélangent avec ardeur. Le groove n'y échappe pas, jazz et funk frayent joyeusement pour aller plus loin encore.

Muscle Shoals Horns - Bump De Bump Yo Boodie (1976)

S'il fallait faire une analogie footballistique avec la musique on pourrait comparer le coach d'une équipe a un arrangeur, le président du club au producteur et l'ingénieur du son au préparateur physique. Sur le terrain, le chanteur à la pointe de l'attaque est épaulé par guitare et clavier tandis que basse et batterie distribuent le jeu au milieu du terrain.

Tigran Hamasyan - Fides Tua (2017)

L'histoire de Tigran Hamasyan, c'est un peu une success story digne d'hollywood, ou comment un jeune arménien fan des Beatles et de Led Zep s'est pris de passion pour le jazz à l'âge de 7 ans et a décidé d'y consacrer sa vie.

Marc Moulin - Le Saule (1975)

Un trait de soleil dans l'œil. Un autre dans le café. La lumière encore rasante du matin vient te caresser le petit dej, les yeux encore collés. Préparer un café et déposer Marc Moulin sur la platine : Sam' Suffy. Les deux seules actions qu'il était raisonnablement possible d'entreprendre en ce réveil. Ils ont encore volé une heure...